🔍 Un problème méconnu et minimisé dans le sport
L’affaire Emmanuelle Girard a mis en lumière une réalité encore trop taboue : l’entreprise psychologique exercée par certains entraîneurs sur leurs athlètes. Derrière l’exigence et la quête de performance, des relations toxiques se tissent, enfermant les sportifs dans un cycle de manipulation mentale destructeur.
Bien que ce phénomène soit souvent associé à des figures masculines dominantes, il est essentiel de rappeler que l’entreprise psychologique peut aussi être exercée par des femmes, qu’elles soient entraînées, dirigeantes ou même coéquipières. La violence psychologique ne se limite pas à un genre : elle repose avant tout sur une mécanique de domination et de contrôle.
Pourquoi ces abus passent-ils inaperçus ? Comment les reconnaître ? Et surtout, comment s’en libérer ?
1. Comment reconnaître un pervers narcissique dans le sport ?
Un entraîneur ou un mentor peut être exigeant sans être toxique. Mais quand la relation dépasse la rigueur pour entrer dans la manipulation, certains signes doivent alerter :
🛑 Alternance entre flatteries et humiliations : D’abord, la personne valorise l’athlète, puis elle le rabaisse brutalement, créant une dépendance émotionnelle.
🛑 Isolement progressif : Elle cherche à couper l’athlète de son entourage (famille, amis, coéquipiers) pour mieux l’influencer.
🛑 Culpabilisation constante : Tout devient la faute du sportif. Il n’a « pas assez de mental », « pas assez de volonté », « ne mérite pas sa place ».
🛑 Dévalorisation systématique : Chaque effort est minimisé, chaque succès attribué à l’entraîneur ou au groupe, jamais au mérite personnel du sportif.
🛑 Chantage affectif et menaces voilées : « Si tu pars, tu n’arriveras à rien. » « Sans moi, tu n’as aucune chance d’y arriver. »
🛑 Dérives comportementales : Manipulation, surveillance excessive, ingérence dans la vie personnelle, harcèlement psychologique.
2. Pourquoi est-il si difficile d’en parler ?
De nombreux sportifs subissent ces abus pendant des années sans oser réagir. Pourquoi ?
🔸 La culture de la souffrance dans le sport : Trop souvent, on associe le succès à la douleur et au sacrifice. Cette mentalité peut justifier des méthodes abusives sous prétexte d' »endurcir » l’athlète.
🔸 Le mythe du coach intransigeant mais génial : On entend souvent que les plus grands entraîneurs sont « durs mais justes ». Ou, il y a une différence entre exigence et maltraitance psychologique.
🔸 Le risque de représailles : Parler, c’est risquer d’être mis au placard, de perdre des opportunités, voire d’être ridiculisé publiquement, comme en témoignent les réactions moqueuses face à l’affaire Emmanuelle Girard.
🔸 Le manque de soutien : Lorsque des sportifs osent s’exprimer, ils sont souvent accusés d’être trop sensibles ou faibles.
🔸 L’auto-culpabilisation : Un athlète sous prise finit par croire qu’il est le problème et non son entraîneur.
3. Comment sortir de l’entreprise psychologique ?
✅ Prendre conscience de la manipulation : Accepter que l’on est victime est un premier pas essentiel.
✅ En parler à des personnes de confiance : Un collaborateur, un proche, un professionnel du mental… Trouver un soutien extérieur est crucial.
✅ Reprendre le contrôle de ses décisions : Se recentrer sur ses propres besoins et objectifs, et ne plus laisser quelqu’un d’autre dicter ce qui est « bon » ou « mauvais » pour soi.
✅ Chercher un accompagnement spécialisé : Un préparateur mental ou un psychologue peut aider à reconstruire l’estime de soi et sortir de l’entreprise.
✅ Changer d’environnement si nécessaire : Parfois, il faut partir pour mieux se reconstruire. Un entraîneur bienveillant, un club respectueux et un entourage sain sont essentiels pour avancer.
🛑 Il est temps de briser le silence et de protéger nos sportifs !
Cet article apporte des clés pour mieux comprendre l’entreprise psychologique dans le sport et offrir des solutions concrètes aux athlètes concernés. En tant que préparateur mental, mon rôle est d’accompagner les sportifs vers une reconstruction durable et une performance alignée avec leur bien-être.
🔹Vous avez vécu une situation similaire ? Vous connaissez un athlète en difficulté ? Ne restez pas seul, parlons-en.
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